2025, l’année où le climat n’a plus frappé à la porte … il est entré
Il y a des années qui marquent un tournant. 2025 en fait partie, brutalement. Ce n’est plus une alerte, ni une sirène qu’on finit par ignorer. C’est l’année où la planète a officiellement franchi un seuil que les scientifiques redoutaient depuis des décennies : 2025 est désormais la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures modernes.
+1,5°C.
Ce +1,5°C qu’on présentait naguère comme une limite lointaine n’est plus une prévision : c’est un thermomètre posé sur la table.
Des mégafeux incontrôlables, des nuits tropicales devenues banales, des mers qui se réchauffent à la vitesse d’un moteur allumé et des milliards d’humains pris dans une nouvelle normalité que personne n’a choisie.
Et pendant que les citoyens tentent de survivre à ce quotidien, les dirigeants du monde se sont retrouvés à la COP30, au Brésil, pour débattre de ce qui devrait logiquement être la priorité absolue de l’humanité.
COP30 : les limites d’un théâtre mondial
On aurait pu s’attendre à une conférence historique. Elle l’a été… mais surtout pour illustrer l’ampleur du décalage entre la gravité de la situation et l’insuffisance des réponses.
Les débats ont été houleux, fragmentés, parfois franchement surréalistes. Les pays les plus vulnérables réclamaient enfin un mécanisme d’adaptation à la hauteur de la catastrophe. Les grandes puissances, elles, jonglaient entre annonces spectaculaires et stratégies d’évitement. Des milliards promis d’une main, des responsabilités esquivées de l’autre. La science, pourtant, était claire : chaque dixième de degré compte, chaque année perdue amplifie les dégâts, chaque décision politique molle est une dette sur le futur. Mais dans les salles climatisées de la COP, les données se heurtent encore trop souvent aux intérêts économiques et aux calculs électoraux.
Et au cœur de ce théâtre mondial, un pays brillait par son absence.
Le Liban : en déni dans la crise qui le frappe de plein fouet
Le Liban n’a pas figuré dans les grands débats de la COP30. Ni dans les engagements, ni dans les annonces, ni dans les pressions diplomatiques. Un pays pourtant en première ligne : érosion côtière accélérée, stress hydrique chronique, vagues de chaleur extrêmes, agriculture menacée, biodiversité en chute libre.
Mais comment être présent quand l’État lui-même est à genoux ?
Pas de stratégie climatique nationale crédible, pas de délégation forte, pas de ressources, pas de voix. Le Liban observe le train climatique passer sans y monter alors même qu’il est accroché à la dernière voiture.
Cette absence n’est pas une anecdote. C’est un symptôme. Celui d’une région qui subit la crise climatique mais n’a pas, ou plus, la capacité institutionnelle d’y répondre. Et c’est précisément cette réalité que la science refuse d’accepter comme une fatalité.
Face à la chaleur, une seule boussole : la science
Pendant que les diplomates discutent, les chercheurs, eux, travaillent. Ils mesurent, alertent, modélisent, proposent. Ils dessinent des scénarios, pas des illusions. Ils rappellent que l’adaptation n’est pas un luxe, que l’atténuation n’est pas un slogan, que la transition n’est pas un concept marketing.
La science n’est pas parfaite, mais elle reste, plus que jamais, le seul rempart contre la résignation et l’improvisation. Et c’est notre responsabilité collective, chercheurs, enseignants, journalistes, citoyens, de la faire entendre dans le vacarme du monde.
2025 restera dans les livres. L’année où le climat n’a plus frappé à la porte… il est entré.
Mais elle peut aussi être l’année où nous avons enfin décidé d’arrêter d’attendre que quelqu’un d’autre agisse à notre place. La planète n’a pas besoin de promesses. Elle a besoin de courage, de lucidité, et de science.
Le reste n’est que décor !