Biologie | Santé - Alimentation durable
Biologie | Santé - Alimentation durable
L’alimentation durable pour sauver la planète ?
961 Scientia revient sur la Journée de la gastronomie durable, et explore des pratiques alimentaires écoresponsables. Découvrez comment manger équilibré et sain tout en protégeant l'environnement grâce à des choix alimentaires judicieux.
Le 18 juin dernier, nous célébrions la Journée de la gastronomie durable, l’occasion pour 961 Scientia de se pencher davantage sur cet ensemble de pratiques alimentaires qui visent à nourrir les humains en qualité et quantité suffisante dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Qu’est-ce que l’alimentation durable ? Comment remplir son assiette de manière équilibrée et saine tout en respectant l’environnement ? Quelles habitudes alimentaires pourraient nous permettre de consommer de manière plus écoresponsable ?
Autant de questions que nous adresserons dans cet article en vous apportant des éléments clefs et des astuces que vous pourrez intégrer dans votre quotidien.
Aux arbres citoyens !
Depuis plusieurs décennies, notre planète connaît de nombreux dérèglements climatiques et crises écologiques dont l’intensité et la fréquence sont en accélération.
Crises sanitaires, températures records, froids polaires, canicules, sécheresse, nappes phréatiques au plus bas, perte de biodiversité ou encore incendies de forêt à répétition… Voici quelques-uns des termes qui rythment malheureusement notre quotidien et qui nous rappellent la fragilité de nos écosystèmes qui doivent impérativement être protégés.
Même s’il n’est pas toujours facile de rester optimiste dans ce contexte d’éco-anxiété et d’urgences environnementales, la bonne nouvelle est que nous pouvons chacun, à notre petite échelle, contribuer à la protection de la planète par nos choix alimentaires quotidiens.
Un monde pour demain.
Les aliments que nous consommons ont un impact significatif sur la planète, que ce soit au niveau des ressources nécessaires pour leur production (quantité d’eau, utilisation de pesticides, engrais et fertilisants chimiques vs biologiques, etc.), du mode de production (élevage et agriculture intensifs, etc.), des moyens pour les acheminer vers le consommateur que de nos comportements (gaspillage alimentaire et surconsommation).
Les systèmes alimentaires seraient ainsi responsables d’un tiers de l’émission des gaz à effet de serre à l’échelle planétaire d’après une étude publiée dans la revue Nature en 2021 [1]. Ces chiffres tiennent compte de l’ensemble des étapes par lesquelles passent les aliments avant de se retrouver dans nos assiettes, en l’occurrence de leur production jusqu’à leur consommation, en passant par leur transformation, transport et emballage [1].
Afin de nous aider à faire des choix alimentaires plus éclairés en matière de respect de l’environnement et de ses ressources, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO – Food and Agriculture Organization of the United Nations) recommande de suivre ces quelques principes pour avoir une alimentation dite « durable » [2] :
1. Avoir un régime alimentaire principalement végétal :
Réduire sa consommation de viandes animales est un bon moyen de limiter notre impact environnemental, au profit des protéines végétales. Celles-ci ont en effet une empreinte écologique largement inférieure à celle des protéines animales puisqu’elles nécessitent moins d’eau et de ressources pour être produites, et que leur production engendre moins de gaz à effet de serre.
Il est donc conseillé d’intégrer dans son alimentation davantage de protéines végétales, à l’instar des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), des oléagineux (noix, amandes, graines des tournesol / sésame, etc.) ou encore des céréales complètes (blé, boulgour, riz, etc.).
Toutefois, étant donné que les protéines animales et végétales ne sont pas équivalentes sur le plan des vitamines et des minéraux (par exemple, la vitamine B12 se trouve exclusivement dans les produits animaux), il n’est pas conseillé de retirer complètement les protéines animales de son alimentation.
Opter pour des protéines végétales, ne serait-ce qu’une à deux fois par semaine, peut ainsi faire la différence, sans pour autant devenir végétarien ou végane.
2. Privilégier les aliments locaux et de saison :
Manger des fraises ou des pêches en plein hiver est certes anachronique, mais cela veut surtout dire que ces produits viennent probablement de l’autre bout de la planète et qu’ils ont parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour satisfaire nos envies.
Les experts recommandent de prioriser les aliments locaux dont c’est la saison pour réduire les répercussions écologiques négatives dues au transport. Choisissez donc de préférence les denrées alimentaires dont la provenance géographique est proche, à l’échelle régionale ou nationale (en d’autres termes, se limiter à nos chers 10452 km2 !).
Plusieurs bénéfices découlent de cette démarche, entre autres le fait que ces aliments sont davantage frais et riches en nutriments que les aliments hors-saison, moins chers et qu’ils permettent de soutenir l’économie locale et les agriculteurs.
3. Réduire le gaspillage alimentaire :
Le gaspillage alimentaire est malheureusement présent à toutes les étapes de la chaîne alimentaire. Que ce soit dans les magasins qui se débarrassent des aliments dès qu’un moindre « défaut » se présente afin de se conformer aux attentes toujours plus élevées des clients de plus en plus exigeants ou chez nous à la maison, ce sont ainsi plusieurs tonnes de nourritures qui sont jetées chaque année.
Alors comment faire pour limiter ces pertes alimentaires qui induisent non seulement des pertes économiques mais également des dommages pour la planète puisqu’elles incitent à produire davantage de manière inutile ?
Une bonne planification et organisation à l’avance des menus de la semaine permet par exemple d’acheter les aliments en quantités exactes en fonction de celles qui seront consommées et des denrées qui se trouvent déjà dans nos frigos. Ceci évitera d’acheter un surplus d’aliments et de devoir les jeter par la suite car ils seront probablement périmés ou pas assez frais à leur utilisation.
4. Opter pour des poissons issus de stocks durables :
La FAO recommande de consommer de préférence des poissons issus de la pêche durable, c’est-à-dire un mode de pêche qui se fait dans le respect des ressources, en évitant la surpêche qui déséquilibre les écosystèmes et contribue à l’extinction des espèces.
Il suffit pour cela de lire les emballages et étiquettes qui mentionnent l’origine des poissons et leurs modes de pêche, ou même de demander la provenance des poissons directement au poissonnier.
5. Limiter les aliments hautement transformés et les boissons sucrées :
Ces aliments sont non seulement néfastes pour la santé métabolique et associés à l’apparition de nombreuses maladies chroniques (cancer, diabète de type 2, etc.), mais seraient également responsables de l’augmentation de l’émission de gaz à effet de serre de plus de 21% d’après une étude publiée dans le Lancet Planetary Health en 2021 [3].
Limitez donc ces aliments, ce sont votre corps et la planète qui vous remercieront !
Avoir une alimentation durable implique de consommer des aliments ayant un faible impact environnemental, et ce sont essentiellement des aliments minimalement transformés, d’origine végétale, de saison et locaux qui peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution et les maladies chroniques chez l’homme.
En intégrant les quelques principes mentionnés précédemment à nos comportements et choix alimentaires quotidiens, nous pourrons ainsi réduire notre impact environnemental et contribuer – à notre modeste échelle individuelle – à la préservation de la planète, une bouchée à la fois !
Références :
[1] Crippa M, Solazzo E, Guizzardi D, et al. Food systems are responsible for a third of global anthropogenic GHG emissions. Nat Food. 2021; 2:198–209. https://doi.org/10.1038/s43016-021-00225-9
[2] Recommandations alimentaires et durabilité, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, https://www.fao.org/nutrition/education-nutritionnelle/food-dietary-guidelines/background/sustainable-dietary-guidelines/fr/, [consulté en ligne le 24 avril 2024].
[3] da Silva JT, Garzillo JMF, Rauber F, et al. Greenhouse gas emissions, water footprint, and ecological footprint of food purchases according to their degree of processing in Brazilian metropolitan areas: a time-series study from 1987 to 2018. Lancet Planet Health. 2021; 5(11):e775-e785. doi:10.1016/S2542-5196(21)00254-0